mercredi 16 mai 2018

Les entreprises n’aiment pas les schizophrènes


Les entreprises n’aiment pas les schizophrènes. Pourtant l’organisation des équipes se forme sur la paranoïa (Peur de perdre son travail, de ne pas être dans les temps, etc.) et entraîne anxiété et stress face aux relations, dans les rapports masquées d’une personnalité devant ses supérieurs, ou d’une autre envers un subalterne.
La schizophrénie a gagné l’entreprise entre peur des impayés et des tromperies nourrissant l’angoisse des dirigeants et par vases communicants, celle des travailleurs. Leur paranoïa leur fait craindre les impôts, les taxes, les charges. Ils finissent par se méfier d’eux-mêmes et rejeter les autres, les inactifs, les vieux, les rentiers et les schizophrènes.
Parallèlement, l’entreprise développe une sorte de psychopathia. Prête à tout pour satisfaire son ego, celui de son chef, les entreprises, les travailleurs et au-delà, les sociétés usent de tous les mensonges, les non-dits, les astuces pour réussir et se prémunir. À travers leur publicité, les entreprises n’hésitent pas à utiliser les passions nombreuses pour l’argent ou le bien-être afin de promouvoir leurs produits ou leurs services. Les marques, comme les entreprises, intègrent et endoctrinent par leur image des millions de travailleurs et de clients désabusés sur les flux du commerce au sein même de l’activité

Mais les entreprises n’aiment pas les schizophrènes. De son bon droit, l’entreprise croit représenter l’équilibre lui-même. Mêmes victimes de la crise ou même parfois responsables de celle-ci, les entreprises détiennent le monopole de la représentation. Un peu mythos,, elles sont en outre, comme leurs chefs, persuadées d’être au centre des relations sociales.
Décidément les entreprises n’aiment pas la critique, ni la différence. Celles-ci appartiennent à des gens supérieurs qui dictent comment penser, comment réfléchir et agir. Tout réfractaire à leur diktat ne peut prétendre à l’intégration mais, est rejeté, éliminé, désintégré. Ni doute, ni hésitation, dans ces entreprises, les travailleurs récitent sur toutes les strates de la hiérarchie, ce qu’ils savent et reproduisent le modèle en faisant foi d’une hypocrisie sans limite jusqu’à la violence, la menace ou la ruse d’une société de Droit. L’irrévérence se doit de rester dans les clous. Même en y mettant les formes, la singularité, si elle n’est pas à la mode, n’est pas de mise.
Qui a dit à tous les patrons, à tous les travailleurs, qu’ils détenaient le pouvoir d’améliorer les conditions des classes laborieuses ? Ceux-ci doivent entendre des voix, ou être sourds au son des souffrances psychiques et psychologiques d’une population acerbe et nourrie par l’esprit de revanche ou de la toute puissance herculéenne.
Non les schyso ne sont pas heureux au travail et cela même sous l’œil complaisant du kapo. Le travail donne la patate lorsque celui-ci apporte ou rapporte une ou des satisfactions mais le schyso n’est pas heureux non plus en dehors du bureau.

vendredi 17 novembre 2017

Tu avais la veste d'un clown. Maintenant tu as le manteau!


Fut un temps où nous pouvions  rencontrer les membres de Charlie Hebdo, demander des dédicaces, des autographes ou partager quelques dessins.
Cabu, Tignous et toute l’équipe, étaient tous d’une gentillesse et d’une simplicité accueillante :
Cavanna grognait et Cabu riait…
À l’évidence, certains des détracteurs de Charlie rétorquent qu’il y avait au fond une complaisance certaine à rire de tout, et particulièrement de la « bêtise » en général que Charlie Hebdo dénonçait. Qui crucifiera Tignous ou Cabu sur de nouvelles icônes avec l’œil généreux de ceux qui sont morts pour rien ? Peut-être cette unité Nationale dans l’émotion et la douleur, main dans la main avec la prétention de croire, au gré de la satire, du cynisme émanant d’une revue de presse bête et méchante, aux polémiques faisant le buzz.
Charlie, comme un serpent, bousculait les conventions, militant pour le droit à l’expression jusqu’en dessous de la ceinture. Depuis longtemps Charlie Hebdo n’était plus subversif mais le relais constant d’une pensée provocatrice… Fût-elle de Gauche ! Par ailleurs, son côté pornographe, sale, trop humain dans lequel se complait son lectorat est surtout, la vitrine de l’absurde et du clownesque illustrant la dénonciation de scandales récurant.
L’équipe de Charlie est partie, saluée par le glas comme les condamnés d’une société en guerre, victimes co-latérales du conflit au Moyen-Orient, victimes, eux aussi, de la barbarie. Est-ce suicidaire de choisir la Liberté et le rire ? Dans un monde perturbé, Charlie avait choisi la dérision jusqu’à l’abstraction de sa propre sécurité qui semblait garantie par le droit.
En France, un symbole est tombé qui montre encore l’absurdité de la guerre.
Charlie préférait rire de tout et il suffisait de rencontrer Cabu sourire pour comprendre qu’il était un grand enfant, aimant faire des blagues. Jusqu’à ce jour tragique ou la blague a mal tourné.

lundi 13 novembre 2017

A l'ouest et sur orbite


Les cryto-monnaies s’imposent et le Bitcoin comme référence la plus indépendante sur ce marché explose. Cette monnaie, en partie de la valeur initiale, devenue virtuelle, en orbite est au-delà des aléas dans les échanges de devises. Elle participe de l’échange en toute autonomie et cela même, semblerait-il, en cas de risques majeurs qui influenceraient la décomposition des Etats. Entendu aujourd’hui, que le Bitcoin, au regard du développement économique dans les Fintech et de la spéculation autour de ce marché atteint une valeur intrinsèque largement surévaluée. Atteignant des records qui pourraient dans un temps de correction être réévalué, la crypto-monnaie et particulièrement le Bitcoin, le long d’une période de moyen terme restent et deviennent de plus en plus des monnaie incontournables qui rentreront dans le panier des valeurs moyennes de placement et d’investissement sûr  d’être matérialisé à l’international, autant qu’un timbre postal au début du XXe siècle sans la contrainte et la manipulation de devise.

La vraie question demeure : Qui est S Nakamoto, anonyme inconnu ou machine ? Est-ce les détenteurs qui se sont approprié cette monnaie et dont les humeurs ondulent, plus ou moins volatile, intrinsèquement liée aux technologies modernes d’échange et d’investissement ?

vendredi 29 septembre 2017

Qui veut la patate chaude ?


Favoriser l’investissement financier importe au politique dans l’espoir de rendements, en fluidifiant l’épargne. Le long d’une période, en zone euro, de taux bas, avec l’objectif d’une diminution de rachat d’actifs par la banque centrale, l’action du gouvernement est courageuse, en zone risquée.
Prévoyant que sans doute, les taux vont remonter, avec l’ultime espoir d’une inflation, selon les critères de Maastrich, alors que la France ne respecte plus, depuis longtemps, les règles en matière de déficit et maîtrise tant bien que mal ses dépenses.
Avant Socrate déjà, les penseurs observaient que ce qui était ascendant finissait par descendre. On remarquera que cela fonctionne dans l’autre sens. Nullement besoin d’être un génie pour saisir cette réalité.
Les ratios des grandes banques européennes, malgré une décennie de QE (rachat d’actifs) sont toujours soumis à tension. Parallèlement, les recommandations de Bâle s’adaptent comme les « stress tests » évoluent pour ne pas entraîner une crise systémique, « Too big for fail ». L’Europe généreuse fait place aux nationalismes les plus ou moins exacerbés qui mêlent l’ignorance et les peurs devant un fait que dans leur quotidien peu de gens réalisent malgré les efforts important que leur réclame la stabilité d’un système sous pression. À chaque instant, se joue l’équilibre de la paix, en Europe. Alors que les contestations fusent de tous les côtés. Que la lutte et la résistance des peuples est accompagné des chants de l’apocalypse dans les combats singuliers de la représentation parlementaire. Le gouvernement français tient bon et semble chercher les compromis, sans complaisance, mais avec le souci de laisser à la France et à l’Europe, la chance d’un avenir dans un environnement hostile où le pire serait peut-être le défaitisme.

jeudi 21 septembre 2017

L. Andreiev : Le rire rouge


Léonide ANDREIEV
LE RIRE ROUGE
Non, je ne comprends pas la guerre, et je suis appelé à devenir fou, comme mon frère, comme des milliers de gens raménés de là-bas. Cela ne me fait pas peur. LA perte de la raison me semble aussi honorable que la mort d’une sentinelle à son poste. Mais l’attente, mais cette approche lente et infaillible de la folie, ce sentiment de quelque chose d’énorme qui tombe dans un abîme, c’est là une douleur insupportable pour la pensée. Mon coeur s’est engourdi, il est mort ; il n’y a plus de nouvelle vie pour lui ; seulement, ma pensée est encore vivante ; elle lutte encore, elle qui a été forte comme Samson et qui maintenant est faible et sans défense, pareille à un enfant ; elle me fait pitié, ma pauvre pensée. Par moments je ne puis plus supporter la torture de ce joug d’airin, qui accable mon cerveau ; j’ai envie de courir dans la rue sur la place, là où il y a des hommes, et de crier : - Cessez immédiatement la guerre, sinon…
Sinon, quoi ? Y a-t-il donc des mots qui pourraient les faire revenir à la raison ? Des mots auxquels on ne pourrait répondre par d’autres plus forts, par des mots trompeurs mais san réplique ? Faut-il se mettre à genoux devant les gens et pleurer ? Mais des centaines de milliers de créatures pleurent, et qu’en résulte-t-il ? Faut-il se tuer aux yeux de tous ? Se tuer ? Des milliers de soldats meurent journellement et qu’y a-t-il de changé ?
Lorsque je sens ainsi mon impuissance, une rage m’envahit, la rage de cette guerre, que je hais. Comme le docteur, je voudrais pouvoir incendier les maisons de ceux qui demandent la guerre, brûler leurs trésors, leurs femmes, leurs enfants ; j’aimerais empoisonner l’eau qu’ils boivent, faire sortir tous les morts de leur tombe et jeter ces cadavres dans leurs demeures impures, sur leurs couches. Qu’ils couchent avec eux comme avec leurs femmes ou avec leur maîtresses !
Oh ! si j’étais le diable ! toute l’horreur que respire l’enfer, je le répandrais sur la terre ; je serais le maître de leurs rêves et, quand, le sourire aux lèvres, ils feraient le signe de la croix sur leurs enfants, je me desserais devant eux, tout noir !... Oui, je dois devenir fou, mais que cela arrive vite, plus vite !...

L. Andreiev (1871-1919) sera par la force des choses et pour nourrir sa famille avocat et juriste. Il payera après 1905 ses amitiés dans les milieux universitaires par de l’enfermement dans les prisons tzariste. Dans son œuvre pourtant, aucun militantisme, aucun engagement sinon un réalisme sous pression, figé comme la campagne en hiver et des hommes pris dans les tourments de la vie ayant pour esprit, l’âme d’écorchés comme leur observateur lui-même témoin d’une existence difficile. L. Andreiev n’est pas un révolutionnaire. Il pose et peint, dépeint des situations sociales et des conditions historiques en tant qu’humain. Sa trace comme son empreinte sur la glace est la preuve d’une époque plus que toute étude sociologique ou politique. Inclassable, il est sans doute malsain de ne retenir que son engagement pour la sociale démocratie. Engagées, durant une courte période, les prestations militantes de l’auteur furent guidées par des amitiés dans les cercles politiques ayant utilisées les sympathies de l’écrivain mais surtout le succès que celui-ci en tant que feuilletoniste avait auprès d’un large public et une notoriété de son vivant qui ne peut-être remise en question. Très vite déçu par la révolution de 1917, L. Andreiev prendra du recul avec ses anciens camarades et c’est isolé que celui-ci mourra en 1919. 

vendredi 25 août 2017

Brûlez nos églises… Nous construirons des mosquées


L’arrogance d’une frange embourgeoisée d’occident, sa représentation décadente, précieuse, efféminée, prétentieuse et fétichiste prône « des rapports libres ». C’est peu dire s’il est, somme toute détestable, de s’attarder sur le comportement de l’espèce, excitée et polluée, conditionnée par le « lien social » se résumant au désir et au plaisir de la consommation, sans égard pour la pensée, la liberté ou bien d’autres concepts inversés, bien moins important pour l’émancipation de l’individu.
Mettre de l’ordre dans la culture et éviter les dérives serait sans doute pire, dirait certains.
Dans les lieux abandonnés, dans les déserts de solitudes, sur les ruines, nous construisons et défendons les valeurs de morale, d’éthique et de vérité. Nos murs sont de prières et de louanges. Sur les cycles de la destruction, de l’ignorance et du laissé faire, au risque du pire, sur le chemin des ombres, des mythes en pleine lumière, nous bâtissons, à chaque instant, sur l’ivraie, des chapelles en verre, aux reflets d’argent.
Sans retenues ni vertus, oeuvrant à reproduire l’acte de sauvegarde, usant du vice déposé sur l’autel de la crédulité, l’ultime expérience de l’interdit et des passions originelles, la pornographie et la guerre, dans les bains de la liberté, la sensualité économique ou géostratégique en friction par la ritualisation de la machine qui rythment notre éduction collective.
L’avenir est entre les mains d’un système dégénéré, pour des raisons écologiques et économiques, qui décidera de la nature et du miracle de la vie.
Obscénité et vulgarité camouflées selon la norme, les non dits, l’hypocrisie, les fausses confidences et silences dressent le décor d’un spectacle en sous-mains.
Nous ne dénonçons pas le matraquage permanent de publicités, de réflexions injurieuses et de débats obsolètes qui annihilent les nôtres avant de les broyer dans les couloirs du Droit. Nous exigerons des explications sur l’état de notre condition et l’avenir de nos intuitions.

(De sur la cristallisation de la révolte dans le sous-prolétariat et sa classe dangereuse)

mardi 11 juillet 2017

De la tribune à la consécration de l’Histoire


Pour S. Veil, l’avortement n’était pas un droit. La liberté, le droit, pour S. Veil n’étaient pas choses futiles ou superflues et l’émancipation, le droit, la liberté étaient des enjeux d’éducations ; Savoir faire des choix raisonnables, en être responsable dans le cercle d’une société souvent représenté par la publicité et le commerce d’un droit à l’ignorance, ou même au centre de la famille en restant respectueux de la morale et des coutumes. La famille et l’éducation en contrepoids au harcèlement idéologique de certaines visions de l’économie et de la politique. Le planning familiale est un outil, non pas la promotion des moyens de contraception mais globalement pour réduire le nombre d’enfants des rues, des orphelins qui au cœur de la pauvreté deviennent un problème sanitaire pour la société.
Courageuse, volontaire et faisant preuve d’abnégation, S. Veil a défendu cette loi de dépénalisation alors que soufflait un vent de contestation et de revendication en République.
Mais alors pourquoi le Panthéon, au-delà des modes et de la communication ? Pour avoir fait son devoir d’élue… ? Pour la liberté représenté de cette loi et le droit des femmes … ? Rescapé des camps et déporté, S. Veil avait bien conscience de la misère et de la condition humaine et en gardant une attitude rigide et sévère, douée d’une compassion certaine mais en aucun cas de compromission ou de complaisance, elle restera dans le cœur d’une France certaine de ses valeurs comme d’un bien commun.