mardi 18 juillet 2017

L’ordre des choses

C’est par accident, suite au mouvement, c’est par la catastrophe que le positif prend la place du négatif. Nous vivons depuis des années, et momentanément selon les générations, sur les promesses d’une catastrophe à venir. Sous l’ombre des accidents nucléaires ou écologiques, financiers ou social, nous nous soumettons à l’ordre des choses, aux lois du chaos que nous portons en nous comme le souvenir d’une fin en soi. Selon cette dynamique, toute résistance collective est intégrée à la politique tandis qu’une grande partie résignée de la société subit l’autorité de l’activité, de la collectivité et du contexte international, se résumant à la concurrence économique et à la politique. Zone en guerre, pauvreté, séisme, accident industriel, souffrance au travail rythme notre représentation du monde. Comment appuyer notre raison sur cet avenir apocalyptique que nous prédit la météo, sinon le temps d’imaginer un quotidien au jour le jour, un rêve qui nous conduit jusqu’au lendemain ? Nous, nous inventons génération après génération des mondes nouveaux construits sur les ruines des illusions culturelles et publicitaires. Chacun résiste à sa façon contre la catastrophe annoncée s’opposant et résistant à une réalité complexe où l’avenir est remis en jeu à chaque instant de l’existence. 

mardi 11 juillet 2017

De la tribune à la consécration de l’Histoire


Pour S. Veil, l’avortement n’était pas un droit. La liberté, le droit, pour S. Veil n’étaient pas choses futiles ou superflues et l’émancipation, le droit, la liberté étaient des enjeux d’éducations ; Savoir faire des choix raisonnables, en être responsable dans le cercle d’une société souvent représenté par la publicité et le commerce d’un droit à l’ignorance, ou même au centre de la famille en restant respectueux de la morale et des coutumes. La famille et l’éducation en contrepoids au harcèlement idéologique de certaines visions de l’économie et de la politique. Le planning familiale est un outil, non pas la promotion des moyens de contraception mais globalement pour réduire le nombre d’enfants des rues, des orphelins qui au cœur de la pauvreté deviennent un problème sanitaire pour la société.
Courageuse, volontaire et faisant preuve d’abnégation, S. Veil a défendu cette loi de dépénalisation alors que soufflait un vent de contestation et de revendication en République.
Mais alors pourquoi le Panthéon, au-delà des modes et de la communication ? Pour avoir fait son devoir d’élue… ? Pour la liberté représenté de cette loi et le droit des femmes … ? Rescapé des camps et déporté, S. Veil avait bien conscience de la misère et de la condition humaine et en gardant une attitude rigide et sévère, douée d’une compassion certaine mais en aucun cas de compromission ou de complaisance, elle restera dans le cœur d’une France certaine de ses valeurs comme d’un bien commun.    

vendredi 30 juin 2017

Le 2 juillet 2016, il y a un an, M. Rocard disparaissait

De sa sympathie pour les Lips, il avait A. Pannekoek comme un de ses maîtres à penser lui-même astrophysicien comme son père. Amateur de seconde division, de souliers bien soignées, de belles filles et de voitures de sport, durant ses études, il travailla en partie sur la redéfinition du travail en temps de crise sans omettre un chapitre sur la gestion des pertes. Avec des gestes un peu fous, il vivait la réforme en visionnaire opposé aux conceptions traditionnelles de l’appareil. Il discuta la mise en place d’un revenu minimum tout en commandant son organisation avec brio préfigurant les idées actuelles d’une frange de la gauche traditionnelle. C’était un homme simple, un peu raté dans la pluralité et face aux « familles » politiques, gardiennes des coutumes républicaines héritées de la vieille bourgeoisie. Il est resté un des rares dont l’action donnait un sens à la politique. Malgré cela M. Rocard restait humble et dévoué, au service des autres et d’une idée qu’il avait de la justice et de l’équilibre. Avec beaucoup de respect, il se pliait à sa manière à l’étiquette donnant à celle-ci une spontanéité particulière du fait de sa posture et de son attitude assumant sa position avec la volonté de progresser. Mal compris d’une certaine fange populaire, il laisse l’image d’un homme moderne… D’un homme en son temps.

vendredi 23 juin 2017

Art : Une industrie de la spéculation


Sur l’évolution conjoncturelle de l’esthétisme et du beau, est-il regrettable de passer du geste qui reproduisait avec sensibilité et intuition le monde, à un monde industriel sans geste, sinon mécanique, hors du monde, sans émotion mais consensuel, ayant placé, sur le mécanisme de la spéculation financière des objets publicitaires et reproductibles représentant le monde des arts et du design ? Par synthèse, l’art élimine l’humain au profit de la machine. Le subjectif s’inscrit et est intégré comme la technique au profit du capital prenant part à la production constante et la reproduction continue de sa représentation publicitaire.
Avec J. Koons, nous fracturons un peu plus et élargissons l’écart de la relation entre l’industrie et l’homme. Ainsi déjà au 18e les arts devaient se plier aux dogmes de l’Etat et de la religion. M. Duchamp au siècle dernier ne présupposait-il pas, déjà sur ce mouvement en signant un bidet qui prenait ainsi de la valeur ? Bien entendu il y a l’anticonformisme, tandis que, lorsque celui-ci devient la norme, le sujet est finalement absorbé et déconstruit de sa revendication première.
La production artistique est devenue industrielle. C’est cela que démontre J. Koons comme  un chien sous forme de ballons ajustés, à la fois léger et fragile mais solide et précieux ainsi qu’une bulle spéculant sur la forme de l’esprit, flottant, immobile, pesant et léger mais hors des dimensions traditionnelles de la représentation et de l’intuition. Bien au-dessus de l’humain !

vendredi 12 mai 2017

Le 18 Brumaire


Le crépuscule des idoles, ou comment le pays à dit non, pour le changement. Le peuple d’un côté, les électeurs de l’autre ont choisit le cap à penser. Le prix de la liberté n’est ni celui du sang, ni celui de l’argent. Face vs face les productivistes, aux guêtres soignées et le défaut comme il faut. Les forces vives de la nation en action. Contre le chao, de raison, résistant à l’injonction de la mondialisation, ajustant des déficits de toutes parts dans les consciences ordinaires qui se dressent ainsi qu’un ratio, un micro, pour affirmer leurs volonté d’exister. L’un dira qu’ils savent choisir, le suivant, peut-être avant, nous dit que le peuple est sage. Résultera sans doute le sens positif de l’histoire sans vouloir faire dans le matérialisme.

En élisant D. Trump, les citoyens des Etats-Unis d’Amérique ont-ils été raisonnable ?  En Approuvant le Brexit, les Anglais ont-ils était pragmatique ?

Certains fêteront la victoire et d’autres la défaite. Mais le consensus et la paix sociales sont bien entamés alors que la rupture se fait plus franche. Le salariat en voie de disparition lutte dans un combat déjà perdu, avec l’air de croire que les syndicats amortissent les effets néfastes de la libéralisation du marché du travail alors que les icônes de la gauche comme de la démocratie chrétienne ne sont plus qu’une vague idée d’une société de droit. Déjà des militaires patrouillent en France. Dans toutes les villes, une présence armée de la police veille assidûment sur les libertés de chacun à manifester son mécontentement ou l’opposition d’une frange des travailleurs face à la dégradation du quotidien ou des conditions de travail. 1848 puis 1968, bientôt 2018 alors que les cycles rythmés de la révolution et du changement au sein même des républiques européennes nous rappelle l’histoire des luttes sociales. La réaction qui fit naître des Bonapartes le long du 19e siècle pour s’achever en 1870 par la défaite à Sedan nous rappelle étrangement le présent à venir.

vendredi 20 janvier 2017

Tout est permit sauf de perdre...!


En 2008, suite aux montages financiers nés de la déréglementation s’appuyant sur le crédit et le marché des dérivés, le monde subissait une crise financière dite des subprimes. Le risque d’un déséquilibre majeur conduisit les Etats dans des plans de sauvetage et les banques centrales ont alors acheté en masse des produits (des classes d’actifs dit toxiques) assis sur la base d’une économie bien réelle et assortie, revalorisée (ou dévalorisé) par le crédit et ses dérivés garantis par des assurances, elles mêmes assurées, réinvesties et réassurées. Le secteur de la finance qui était celui qui produisait le plus de croissance depuis des décennies allait devenir la bête noire et les Etats appuyés sur les banques centrales allaient tout faire pour éviter la faillite du système bancaire.
A grands renforts de rachat (QE successifs) de créance et de baisse des taux, le long des cycles de Bâle, la BCE, en quelques années allait créer le MES (Mécanisme Européen de Stabilité), travailler à l’Union Bancaire et évaluer la stabilité des banques et leur ratio de solvabilité à travers différents stress tests.
Alors que le chômage baissait et que la croissance revenait aux USA, une partie de l’Europe, en perte de confiance allait s’enfoncer dans la crise de la dette et par les dégradations successives des notes de plusieurs Etats de la Zone Euro entraînant le sauvetage de plusieurs pays dont le plus spectaculaire fut  accommodé d’un plan drastique d’austérité en Grèce. Dernière réponse des banques centrales (FED et BCE), des taux de rendements négatifs pour relancer le crédit, la consommation, favoriser la stabilité des ratio de fonds propre tout en cherchant un peu d’inflation.
Malgré une baisse des taux sans précédent, des budgets en restriction, la relance n’est pas au RDV. Dans ce contexte, de resserrement budgétaire, de crise sanitaire en Grèce et le ralentissement de la croissance conjugué par le populisme flagrant au sein d'Etats comme les USA ou l'UK, une dévaluation de la monnaie unique pourrait résoudre en partie le prix de la dette mais avec le risque d’une escalade à terme de l’inflation, une hausse des prix à la consommation et une paupérisation croissantes … On se défend pourtant d’être pessimiste et restons sceptique. Aucune conclusion ne peut être avancée et seule l’Histoire pourra interpréter et juger ce que l’avenir nous dira.