jeudi 21 septembre 2017

L. Andreiev : Le rire rouge


Léonide ANDREIEV
LE RIRE ROUGE
Non, je ne comprends pas la guerre, et je suis appelé à devenir fou, comme mon frère, comme des milliers de gens raménés de là-bas. Cela ne me fait pas peur. LA perte de la raison me semble aussi honorable que la mort d’une sentinelle à son poste. Mais l’attente, mais cette approche lente et infaillible de la folie, ce sentiment de quelque chose d’énorme qui tombe dans un abîme, c’est là une douleur insupportable pour la pensée. Mon coeur s’est engourdi, il est mort ; il n’y a plus de nouvelle vie pour lui ; seulement, ma pensée est encore vivante ; elle lutte encore, elle qui a été forte comme Samson et qui maintenant est faible et sans défense, pareille à un enfant ; elle me fait pitié, ma pauvre pensée. Par moments je ne puis plus supporter la torture de ce joug d’airin, qui accable mon cerveau ; j’ai envie de courir dans la rue sur la place, là où il y a des hommes, et de crier : - Cessez immédiatement la guerre, sinon…
Sinon, quoi ? Y a-t-il donc des mots qui pourraient les faire revenir à la raison ? Des mots auxquels on ne pourrait répondre par d’autres plus forts, par des mots trompeurs mais san réplique ? Faut-il se mettre à genoux devant les gens et pleurer ? Mais des centaines de milliers de créatures pleurent, et qu’en résulte-t-il ? Faut-il se tuer aux yeux de tous ? Se tuer ? Des milliers de soldats meurent journellement et qu’y a-t-il de changé ?
Lorsque je sens ainsi mon impuissance, une rage m’envahit, la rage de cette guerre, que je hais. Comme le docteur, je voudrais pouvoir incendier les maisons de ceux qui demandent la guerre, brûler leurs trésors, leurs femmes, leurs enfants ; j’aimerais empoisonner l’eau qu’ils boivent, faire sortir tous les morts de leur tombe et jeter ces cadavres dans leurs demeures impures, sur leurs couches. Qu’ils couchent avec eux comme avec leurs femmes ou avec leur maîtresses !
Oh ! si j’étais le diable ! toute l’horreur que respire l’enfer, je le répandrais sur la terre ; je serais le maître de leurs rêves et, quand, le sourire aux lèvres, ils feraient le signe de la croix sur leurs enfants, je me desserais devant eux, tout noir !... Oui, je dois devenir fou, mais que cela arrive vite, plus vite !...

L. Andreiev (1871-1919) sera par la force des choses et pour nourrir sa famille avocat et juriste. Il payera après 1905 ses amitiés dans les milieux universitaires par de l’enfermement dans les prisons tzariste. Dans son œuvre pourtant, aucun militantisme, aucun engagement sinon un réalisme sous pression, figé comme la campagne en hiver et des hommes pris dans les tourments de la vie ayant pour esprit, l’âme d’écorchés comme leur observateur lui-même témoin d’une existence difficile. L. Andreiev n’est pas un révolutionnaire. Il pose et peint, dépeint des situations sociales et des conditions historiques en tant qu’humain. Sa trace comme son empreinte sur la glace est la preuve d’une époque plus que toute étude sociologique ou politique. Inclassable, il est sans doute malsain de ne retenir que son engagement pour la sociale démocratie. Engagées, durant une courte période, les prestations militantes de l’auteur furent guidées par des amitiés dans les cercles politiques ayant utilisées les sympathies de l’écrivain mais surtout le succès que celui-ci en tant que feuilletoniste avait auprès d’un large public et une notoriété de son vivant qui ne peut-être remise en question. Très vite déçu par la révolution de 1917, L. Andreiev prendra du recul avec ses anciens camarades et c’est isolé que celui-ci mourra en 1919. 

vendredi 15 septembre 2017

© Soyons cruels


Réalité et actualité datant du « servage » ou « sans terre », depuis plusieurs décennies, les travailleurs précaires et flexibles préexistent. L’enjeu est de fluidifier les masses avec la promesse d’ajustements social et le sens de la « pédagogie » que nous rabâchent les donneurs de leçons. Ainsi, il faudrait croire que l’on va accroître le nombre de pigistes, de prestataires, d’artistes bénéficiant d’indemnités chômage alors que les comptes de l’Unédic sont déficitaires. L’on entrevoit déjà le jeu politique du spectacle médiatique présenter l’opposition, comme réduite à néant, superflue, où même pire… Catastrophique !
Au service du capital et non du travail, nos responsables démantèlent le service public ne conservant que le pouvoir violent de la police, de la justice et de l’armée.
Qui peut imaginer la cohésion nationale dans les alternatives, l’incertain pour nombre d’étudiants et de travailleurs ? La Nation laisse à l’entreprise privée, associations, organisations, les soins de la solidarité. La France est à présent une « start-up » dynamique et jeune mais peu rentable sinon pour quelques « familles » qui profitent et se partage l’estampillé « french-tech ».
Centraliser les comptes sociaux en vue d’une gestion drastique et coûteuse ouvrira une nouvelle porte à la restriction des budgets jusqu’à une autre faillite du système et des comptes publics. La force de travail, soldée est déjà hypothéquée ainsi que la vie de millions d’actifs entrant sur le marché.
Le pays est divisé, oui, en deux ! D’un côté, les fainéants qui, domestiqués, travaillent au lieu de s’envoyer en l’air, et de l’autre, les cyniques, subjectifs, qui se moquent du monde.

vendredi 25 août 2017

Brûlez nos églises… Nous construirons des mosquées


L’arrogance d’une frange embourgeoisée d’occident, sa représentation décadente, précieuse, efféminée, prétentieuse et fétichiste prône « des rapports libres ». C’est peu dire s’il est, somme toute détestable, de s’attarder sur le comportement de l’espèce, excitée et polluée, conditionnée par le « lien social » se résumant au désir et au plaisir de la consommation, sans égard pour la pensée, la liberté ou bien d’autres concepts inversés, bien moins important pour l’émancipation de l’individu.
Mettre de l’ordre dans la culture et éviter les dérives serait sans doute pire, dirait certains.
Dans les lieux abandonnés, dans les déserts de solitudes, sur les ruines, nous construisons et défendons les valeurs de morale, d’éthique et de vérité. Nos murs sont de prières et de louanges. Sur les cycles de la destruction, de l’ignorance et du laissé faire, au risque du pire, sur le chemin des ombres, des mythes en pleine lumière, nous bâtissons, à chaque instant, sur l’ivraie, des chapelles en verre, aux reflets d’argent.
Sans retenues ni vertus, oeuvrant à reproduire l’acte de sauvegarde, usant du vice déposé sur l’autel de la crédulité, l’ultime expérience de l’interdit et des passions originelles, la pornographie et la guerre, dans les bains de la liberté, la sensualité économique ou géostratégique en friction par la ritualisation de la machine qui rythment notre éduction collective.
L’avenir est entre les mains d’un système dégénéré, pour des raisons écologiques et économiques, qui décidera de la nature et du miracle de la vie.
Obscénité et vulgarité camouflées selon la norme, les non dits, l’hypocrisie, les fausses confidences et silences dressent le décor d’un spectacle en sous-mains.
Nous ne dénonçons pas le matraquage permanent de publicités, de réflexions injurieuses et de débats obsolètes qui annihilent les nôtres avant de les broyer dans les couloirs du Droit. Nous exigerons des explications sur l’état de notre condition et l’avenir de nos intuitions.

(De sur la cristallisation de la révolte dans le sous-prolétariat et sa classe dangereuse)

mercredi 2 août 2017

Isengrin n’a plus la côte !


La France devrait, cette année, effectuer un prélèvement de 40 loups… Derrière ses termes propres et techniques, il s’agit d’autoriser l’abattage de plusieurs dizaines d’animaux au profit d’éleveurs inquiets pour leurs troupeaux.
Ce canidé, illustre ancêtre de nos plus fidèles compagnons, à l’état sauvage n’a donc aucun droit de prélever, lui aussi, une brebis ou une chèvre afin d’assurer sa présence sur des terres communales qui seraient réservées aux éleveurs. Le pays aux 100 fromages ne voudrait pas perdre une appellation de montagne au prix d’une bête dévorée par le loup et jusqu’à présent indemnisée par l’Etat. Quelle économie… !?La chèvre de Mr Seguin aura gagné et celui-ci revendique à son compte l’espace jusqu’aux sommets.Comptabilité faite, les scientifiques, les pouvoirs publics s’approprient le droit de soigner le travail au bénéfice de la diversité en matière de fromages et du bien être d’artistes confortables qui, une paille au coin de la bouche, souhaitent respirer le bon air de la reconversion après une carrière dans la finance ou la publicité.Le calcul est simple : La tranquillité des bergers, parce qu’ils le valent bien et l’élimination d’une quarantaine de loups qui n’auront pas leur boîte de Ron-Ron.Du meneur de loups, aux contes et légendes en passant par la fondation de Rome, l’homme a toujours vécut près de cet animal charismatique. Certains voudraient s’en débarrasser, sans respect, sans cérémonie, sans même se soucier de notre Histoire et de nos origines. Malheureusement l’opinion a bien d’autres préoccupations et l’opposition bien des sujets de controverse. Peut-être que le Ministre de l’Ecologie et du développement, qui a construit sa notoriété à travers des reportages sur la nature sauvage donnée en spectacle pour émouvoir le public, pourrait fournir la traduction du message et nous dire ce qu’il faudrait penser de l’engagement de la France en matière de biodiversité alors que celle-ci participe du leadership en ce qui concerne la protection de l’environnement.Les éleveurs, eux, n’ont plus à partager l’espace et le risque. Leur métier devient une activité de loisir…

vendredi 28 juillet 2017

Et "Maintenant" !


Le crépuscule des idoles, ou comment le pays à dit non, pour le changement. Le peuple d’un côté, les électeurs de l’autre on choisit le cap à penser. Le prix de la liberté n’est ni celui du sang, ni celui de l’argent. Face vs face les productivistes, aux guêtres soignées et le défaut comme il faut. Les forces vives de la nation en action. Contre le chao, de raison, résistant à l’injonction de la mondialisation, ajustant des déficits de toutes parts dans les consciences ordinaires qui se dressent ainsi qu’un ratio, un micro, pour affirmer sa volonté d’exister. L’un dira qu’ils savent choisir, le suivant, peut-être avant, nous dit que le peuple est sage. Résultera sans doute le sens positif de l’histoire sans vouloir donner dans le matérialisme.

En élisant D. Trump, les citoyens des Etats-Unis d’Amérique ont-ils été raisonnable ?  En Approuvant le Brexit, les Anglais ont-ils était pragmatique ?

Certains fêteront la victoire et d’autres la défaite. Mais le consensus et la paix sociales sont bien entamés alors que la rupture se fait plus franche. Le salariat en voix de disparition lutte dans un combat déjà perdu, avec l’air de croire que les syndicats amortissent les effets néfastes de la libéralisation du marché du travail, alors que les icônes de la gauche comme de la démocratie chrétienne ne sont plus qu’une vague idée d’une société de droit. Déjà des militaires patrouillent en France. Dans toutes les villes, une présence armée de la police veille assidûment sur les libertés de chacun à manifester son mécontentement ou l’opposition d’une frange des travailleurs face à la dégradation du quotidien ou des conditions de travail. 1848 puis 1968, bientôt 2018 alors que les cycles rythmés de la révolution et du changement au sein même des républiques européennes nous rappelle l’histoire des luttes sociales. La réaction qui fit naître des Bonapartes le long du 19e siècle pour s’achever en 1870 par la défaite à Sedan nous rappelle étrangement le présent à venir.

"Maintenant" et depuis longtemps, la démocratie n'est que l'alibi de la république bourgeoise et des petits propriétaires. Il n'y a plus de communisme car ses représentants ne sont que les gardes chiourme de la société du travail et du capital (Même en crise). Au même titre que la religions, l'humanisme au service de la "culture" n'est que la publicité trompeuse de rapports d'intérêts globalement individuels.  Oubliant les sciences de la critique, les politiques décomposent les liens, offrant ainsi des combats stériles et des débats inutiles à seule fin de domination avec la fonction d'occuper l'espace, l'esprit et la pensé et justifier son activité propre. A l'avenir, hier comme aujourd'hui, il n'y a RIEN, que la vérité étouffante de la ségrégation dans l'oppression constante de toute relation.

mardi 18 juillet 2017

L’ordre des choses

C’est par accident, suite au mouvement, c’est par la catastrophe que le positif prend la place du négatif. Nous vivons depuis des années, et momentanément selon les générations, sur les promesses d’une catastrophe à venir. Sous l’ombre des accidents nucléaires ou écologiques, financiers ou social, nous nous soumettons à l’ordre des choses, aux lois du chaos que nous portons en nous comme le souvenir d’une fin en soi. Selon cette dynamique, toute résistance collective est intégrée à la politique tandis qu’une grande partie résignée de la société subit l’autorité de l’activité, de la collectivité et du contexte international, se résumant à la concurrence économique et à la politique. Zone en guerre, pauvreté, séisme, accident industriel, souffrance au travail rythme notre représentation du monde. Comment appuyer notre raison sur cet avenir apocalyptique que nous prédit la météo, les infos, les journeaux, sinon le temps d’imaginer un quotidien au jour le jour, un rêve qui nous conduit jusqu’au lendemain ? Nous, nous inventons génération après génération des mondes nouveaux construits sur les ruines des illusions culturelles et publicitaires. Chacun résiste à sa façon contre la catastrophe annoncée s’opposant et résistant à une réalité complexe où l’avenir est remis en jeu à chaque instant de l’existence. 

mardi 11 juillet 2017

De la tribune à la consécration de l’Histoire


Pour S. Veil, l’avortement n’était pas un droit. La liberté, le droit, pour S. Veil n’étaient pas choses futiles ou superflues et l’émancipation, le droit, la liberté étaient des enjeux d’éducations ; Savoir faire des choix raisonnables, en être responsable dans le cercle d’une société souvent représenté par la publicité et le commerce d’un droit à l’ignorance, ou même au centre de la famille en restant respectueux de la morale et des coutumes. La famille et l’éducation en contrepoids au harcèlement idéologique de certaines visions de l’économie et de la politique. Le planning familiale est un outil, non pas la promotion des moyens de contraception mais globalement pour réduire le nombre d’enfants des rues, des orphelins qui au cœur de la pauvreté deviennent un problème sanitaire pour la société.
Courageuse, volontaire et faisant preuve d’abnégation, S. Veil a défendu cette loi de dépénalisation alors que soufflait un vent de contestation et de revendication en République.
Mais alors pourquoi le Panthéon, au-delà des modes et de la communication ? Pour avoir fait son devoir d’élue… ? Pour la liberté représenté de cette loi et le droit des femmes … ? Rescapé des camps et déporté, S. Veil avait bien conscience de la misère et de la condition humaine et en gardant une attitude rigide et sévère, douée d’une compassion certaine mais en aucun cas de compromission ou de complaisance, elle restera dans le cœur d’une France certaine de ses valeurs comme d’un bien commun.